[C11] Crois-tu vraiment tout savoir ?

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[C11] Crois-tu vraiment tout savoir ?

Message par Khiaja le Lun 2 Sep 2013 - 13:03

Le corps plaqué au sol, le souffle rauque mais discret, les oreilles attentives et les pattes prêtent à décoller au signal... Le voici.

M'élançant brusquement, je fondis vers ma cible et tel un serpent je me glissa vers sa gorge pour l'empoigner de mes crocs. Mais cet ennemi n'est sans défense. D'un coup de patte puissant, il envoit ma tête s’aplatir contre le sol dur. Le choc me sonne mais fidèle à l'enseignement reçu, je me hâte et me redresse. Une cible à terre est une cible morte. Le combat reprend. Visé les points vitaux, repérer les failles, les exploiter, vaincre. Mais sa défense est trop travaillé, il me faut trouver un nouvel angle d'attaque. Non loin de là, un rocher. Parfait pour y prendre appui... Je provoque, feule, taillade son nez de coup de griffe. Voilà de quoi l’attiser. Il tombe droit dans le piège. Aveuglé par sa rage il ne se méfie pas. Je le mène jusqu'au piège, encore un peu... nous y voilà. Je me détourne subitement, grimpe sur ce rocher isolé pour m'y accroupir et bondir sur la cible. Le choc le fait tomber au sol, son rugissement est à glacer le sang mais je ne me laisse pas intimider. Il m'a habituer à bien pire, ce ne sont plus ses rugissements qui m'effraient désormais. Maintenant que j'ai l'avantage, je ne perds pas une seconde. Je n'ai que très peu de temps avant que sa force ne renverse. Je plante furieusement mes griffes dans sa chair pour le maintenir sur le dos et fonds instantanément sur lui pour planter mes crocs dans son épaule. Il se débat, me lacère de ses griffes meurtrières mais je tiens bon. Je ne suis plus une faible désormais. Je peux gagner, il me suffit de tenir encore un peu... Mais l'ennemi est trop fort. Il dégage ses pattes arrières, les place sous mon ventre et d'une poussée... renverse la cadence. Il est désormais à cheval sur moi, ses kilos de muscles m'immobilisent. J'ai beau me débattre il n'y a plus rien à faire. Je suis vaincue.

Nos souffles haletants se mêlent, nous sommes tous deux immobiles, épuisés par cette lutte. Nos yeux ne se quittent pas, ces pupilles sont dilatés par l'excitation dû au combat. Les miennes doivent être dans le même état. Mon cœur tambourine dans ma poitrine comme s'il menaçait d'exploser tant son rythme est élevé. L'euphorie nous guette encore. Il se met finalement à rire. Un rire de nervosité mais aussi mêlé à de la folie. « Tu as failli m'avoir cette fois-ci. Mais ce n'est pas encore aujourd'hui  que tu me vaincras. » déclara-t-il finalement un sourire coin. Il a beau se moquer, je connais ce sourire. Il est fier. Non seulement de sa victoire mais aussi de mes progrès. Nos combats actuels n'ont plus rien à voir avec nos débuts. Ma force à augmenter, ma ruse est plus présente... Bien que je sois l'actuel dominé, aujourd'hui le jeu a failli se renverser et c'est déjà une grande victoire. Mais ce n'est pas encore assez. Je me dégage alors de son emprise et me redresse, ma poitrine se soulevant au rythme de mes inspirations. « Peut-être pas aujourd'hui Hekima, mais bientôt. » affirmais-je alors lui rendant son sourire.

Depuis la découverte de notre objectif commun, notre complicité s'en est décuplé. Nous sommes plus proches que jamais. Le lion a même décidé de m'entraîner. Moi qui me pensais au niveau, je me suis prise une raclée phénoménale. Ma fierté en a pris un grand coup mais désormais, je n'ai plus rien à voir avec cette lionne que j'étais autrefois. Mon corps autrefois mince voir trop maigre a gagné en muscle, mes foulées sont plus rapides, mon endurance a doublé et mes coups plus puissants. L'entraînement porte finalement ses fruits. Encore haletante mon souffle s'est néanmoins réduit. Je m'éloigne d'Hekima, d'autres projets en tête. « Où vas-tu ? » demande-t-il de sa voix rauque. Je m'arrête alors et lui fais face. « Juste faire un tour. » répondis-je la voix douce et rassurante. Il sourit et se rapproche de moi. S'approchant de ma tête, il me mordille l'oreille. Mais cela n'a plus rien à voir avec ses morsures de notre combat, ce contact là est chaleureux et doux. Je souris et viens loger quelques instants ma tête contre sa crinière avant de repartir. Sans besoin de me retourner je savais qu'il me regarde m'éloigner.

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Re: [C11] Crois-tu vraiment tout savoir ?

Message par Vuka le Lun 2 Sep 2013 - 19:16

    Vuka avait prévenu Yaani et Anga qu'il serait certainement absent quelques jours, prenant pour prétexte un besoin de solitude pour faire le point. L'un comme l'autre persuadés que l'Uhuru faisait allusion à son avenir et à une possible union avec la femelle au pelage terne, Yaani et Anga n'avait été que trop heureux de voir le jeune lion s'éloigner en quête de tranquillité. Un même espoir leur étreignait le coeur : que Vuka revienne avec la décision de se lier à Anga...
    S'ils avaient su.

    Le lion aux intenses yeux azur savait ce qu'il risquait en quittant la protection du désert et du clan. Hors du territoire Uhuru, hors de la Terre des Lions qu'il connaissait par les récits de quelques très rares curieux, l'Inconnu lui faisait face. En quittant les dunes familières, le sable et les pierres plates brûlantes des Etendues Infinies, l'environnement avait changé : tout était plus vert, plus vivant, plus froid aussi. Le jeune mâle frissonnait encore dès qu'une brise venait le caresser, à présent que le soleil ne l'irradiait plus de chaleur extrême. Dans les Terres Libres, les Uhurus étaient de manière générale bien accueillis. S'ils ne permettaient pas aux étrangers de pénétrer dans leur désert, ils restaient un clan apprécié pour l'équilibre qu'ils avaient su instaurer sur leur territoire et leur discrétion à l'extérieur.

    Vuka ne craignait ni vraiment les mauvaises rencontres ni des difficultés de survie : il était, comme chaque Uhuru, un guerrier digne de ce nom et un excellent chasseur. D'ailleurs, ici, les proies ne manquaient pas ! L'abondance des petits gibiers et autres rongeurs dans ce nouvel environnement fertile, en comparaison avec son désert natal, l'avait surpris au début. Mais il restait conscient que sa silhouette moins musclée que ses camarades pouvait lui porter préjudice face à des rencontres belliqueuses.

    D'un autre côté...

    Il n'était pas venu ici par hasard. Il savait ce qu'il cherchait, et à quoi il s'exposait, ce faisant. Il était venu chercher des réponses, et retrouver celle qui avait été autrefois une amie. Mais que trouverait-il, s'il la trouvait ? Serait-ce toujours celle qu'il avait connu il y avait de cela seulement quelques mois ? Ou aurait-il en face de lui une meurtrière, comme Kali l'avait raconté ? Trouverait-il une scélérate qui avait assassinée son Impératrice en traître ? Une lionne emplie de haine pour ceux qui avaient été son clan, et qui l'avaient rejettée ? Accepterait-elle seulement de lui parler, d'écouter ses questions ? Lui pardonerait-elle de n'avoir pas tout tenté pour l'aider, lors de son banissement ?...

    Tout en marchant et en serrant les mâchoires pour s'empêcher de claquer machinalement des dents, Vuka ne cessait de retourner ces pensées en lui. Quand bien même il aurait été en mesure d'agir pour aider Hamu, l'aurait-il fait ? Le mâle connaissait suffisamment Hamu pour savoir qu'elle était effectivement capable d'avoir tué Sika... Mais l'avait-elle fait, en définitive ? Et si oui, dans quel but ? Etait-ce un accident, une machination de longue date ? Mais pourquoi ? Pour pouvoir s'unir à Habari, sans que l'Impératrice ne puisse plus s'y opposer ?... Par simple haine envers Sika ? Ou pour une raison connue d'elle seule ?...

    Lui-même ignorait comment il réagirait si le destin guidait ses pas jusqu'à Hamu, par chance. Il lui en voulait, et elle devrait répondre de ses actes si ce qu'on racontait était avéré... Mais il ne pouvait effacer tout ces moments de complicité qu'ils avaient partagé ensemble, à une époque où tout deux étaient perdus dans leurs vies... Vuka était résolu à lui offrir sa chance. Quand bien même venir trouver une bannie pouvait le conduire lui-même à l'exil, il était décidé à conmprendre ce qui s'était passé le jour où l'Impératrice s'était éteinte.

    Cela faisait à présent plusieurs jours et nuits qu'il arpentait ces terres, et Vuka commençait à douter qu'Hamu se trouvât ici. Il était bien possible qu'elle soit restée dans un coin du désert éloigné du clan... Mais c'était plus fort que lui, le jeune guerrier sentait qu'il fallait qu'il continue sa quête, quitte à soulever chaque brin d'herbe. Il ne quitterait cette plaine qu'une fois absolument convaincu qu'Hamu ne s'y trouvait pas, pas une minute avant. Le lion en était là dans ses élucubrations silencieuses quand la brise tiède qui soufflait en ces lieux lui apporta soudain un fumet familier... Il n'y avait aucune erreur possible. Hamu !

    C'était presque trop beau pour être vrai !... Sans chercher à se dissimuler, mais en restant sur ses gardes par habitude, Vuka se lança à grandes foulées souples dans l'herbe rase en direction de la lionne, face au vent léger. Il l'aperçut bientôt, en contrebas d'un large rocher. Seule. Quoi de plus normal pour une bannie ? Il n'hésita plus, sentant son coeur se gonfler de joie malgré lui en apercevant la femelle aux yeux vairons, si proche après tout ce temps à la chercher.

      - HAMU !... Ici !


    Sans plus réfléchir, il dévala la pente, griffes sorties pour freiner sa progression, et galopa jusqu'à celle qui avait été une soeur pour lui... et plus encore.

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Re: [C11] Crois-tu vraiment tout savoir ?

Message par Khiaja le Lun 2 Sep 2013 - 20:23

    Marchant d'un pas lent mais cadencé, je promenais mon regard autours de moi. Tout était si différent ici, aucun clan ne régnait, il n'y avait qu'une loi à respecter, celle de la nature. Le gibier était abondant et les repères affluaient. Avec Hekima nous avions pris la décision de changer régulièrement d'abri afin de ne jamais nous laisser être trouvé. Mieux valait-il se fondre dans la masse pour mieux resurgir après. Si dans le Désert les guépards ne nous aimaient guère, ici ils nous fichaient la paix. Hekima m'avait même raconté que dans ses débuts de vie en solitaire, il avait côtoyait quelques semaines un vieux guépard qui lui avait enseigné bien des choses l'ayant aidé à rester en vie. Ici il n'y avait ni roi ni ennemi, à vrai dire tous se fichaient bien de savoir qu'Hekima et moi étions des exilés. Cela n'avait pas son importance. Je commençais à prendre goût à cette nouvelle vie bien que mes blessures causées par mes anciens « compagnons » n'aient toujours pas cicatrisées. Loin de m'apaiser, Hekima alimenter ma haine. Chaque jour il prenait soin d'alimenter ce feu ardent qui brûlait en moi. Des années avaient passé pendant lesquelles il avait entretenu ce feu seul mais il ne l'était plus. Comme lui-même l'avait si bien dit, nous étions liés. Et ce lien ne pouvait être brisé.

    Le ciel gonflé ne laissait guère de place au soleil. Autant dire que je n'étais guère habituée à un tel climat. Il me prenait même la nuit de ressentir le froid, sensation que j'ignorais jusque là. En ces moments là, je me mettais à repenser au désert, sa chaleur réconfortante, ses dunes de sables familières... Ce serait mentir que de dire que tout cela ne me manquait pas. Mais je ne pouvais pas y retourner, peu importait mon envie. J'en avais été bannie. Un flot de rancœur se réveilla en moi. Puis je perçus du mouvement à ma gauche, pivotant ma tête, je bloqua mon regard vairon vers une forme qui se mouvait droit vers moi. Un ennemi ? M'avait-il retrouvé ? Aux aguets et les sens en alertes, je fléchis légèrement les pattes avant de préparer une riposte. Prête à relâcher mes muscles pour m'élancer, je stoppa tout mouvement net dès que j'entendis le lion prononçait mon nom. Aucun danger n'était perceptible dans sa voix, ce n'était pas un ennemi. Mais qui alors ? A cette heure, n'importe quel Uhuru voulait ma mort. Mais cette voix, je la connaissais... Relâchant mes autres sens pour me focaliser davantage sur ma vue, je parvins finalement à reconnaître l'individu qui s'élançait dans ma direction. « Vuka. » murmurais-je comme pour parler d'un interdit.

    Mais que faisait-il ici ? Si loin du désert... Ma confusion était totale, je ne savais comment réagir. Pourquoi ce sourire, était-il heureux de me retrouver ? Il faisait pourtant parti de ce clan qui m'avait banni. Je jeta un rapide coup d’œil aux environs mais rien. Il était venu seul. Peut-être avait-il pour tâche de m'exécuté ? Non, cela ne convenait guère à son sourire. Mais alors qu'est-ce qui pouvait bien justifier sa présence en ces lieux ? Lorsqu'il arriva à ma hauteur, je ne pus retenir ce petit pincement que j'eus au cœur. Nous avions été tant de chose, des connaissances, des proches, un couple, des amis... Et nous voilà aujourd'hui réduit au rang d'ennemi pour un crime que je n'avais pas commis. Il n'avait pas changé d'un poil, son visage était toujours attractif et ses yeux demeurés aussi purs qu'au jour de notre rencontre... Oui, il n'avait pas changé. On ne pouvait malheureusement pas dire la même de moi tant les cicatrices marquaient mon corps. Malgré mon animosité envers ceux qui partageaient autrefois mon quotidien, je ne pus m'empêcher un sourire que je dissimula néanmoins en baissant rapidement la tête. Ce n'était pas ce visage qu'il devait voir, il devait comprendre que l'ancienne Hamu n'existait plus. « Que fais-tu aussi loin du Désert ? »

    C'était étrange de me retrouvais face à lui de nouveau. Sans toutes ces mésaventures, si cela se serait déroulé dans notre Désert, dans notre chez-nous... il ne serait jamais arrivé vers moi de la sorte. Il m'aurait plutôt surprise surgissant de nulle part avec son sourire espiègle. Je l'aurais alors accosté d'une réplique provocatrice à laquelle il aurait répondu avec son mordant habituel, nous aurions tous deux souris puis serions partis chacun de notre côté avec un peu plus de gaieté de cœur ou bien peut-être même que nous serions partis chassés. Quoiqu'il en soit, tout aurait été différent. Mais les choses ne l'étaient pas puisque la situation était réelle. Jamais plus il ne me surprendrait sortant de derrière une dune et je ne pourrais plus le charrier sur ses piètres talents d'espion. Cette époque était résolu. Nous avions grandis et la fatalité s'en était mêlé.

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Re: [C11] Crois-tu vraiment tout savoir ?

Message par Vuka le Mar 3 Sep 2013 - 16:57

    Elle semblait un peu ahurie, désorientée, effarée de le voir en ces lieux. Malgré ses efforts, Vuka n'aurait su dire si elle était heureuse de le voir, ou simplement méfiante et surprise. En la voyant de près, le lion distingua de nombreuses nouvelles cicatrices, dont certaines vilaines et profondes. L'une d'elles zébrait le cou de Hamu et s'achevait sur son épaule : sa couleur nacrée attestait qu'elle était récente. Comment en était-elle arrivée à se battre si souvent, si violemment ? Cet environnement aux allures clémentes était-il en définitive un paradis empoisonné, grouillant de créatures belliqueuses ? Pourtant, lui n'en avait encore croisé aucune durant son voyage...

      « Que fais-tu aussi loin du Désert ? »


    Ainsi, ses premiers mots étaient ceux-ci ? Le jeune mâle étouffa un petit rire nerveux, et sentit son enthousiasme fondre. Elle ne lui faisait pas confiance. L'idée qu'il s'inquiétait pour elle ne l'avait même pas effleurée. Peut-être même se sentait-elle vaguement menacée par sa présence, et pensait-elle qu'il était venu sur ordre pour venir lui ôter la vie... Il se sentait plus blessé par cette froideur qu'en colère, à dire vrai. Vuka chercha les yeux de Hamu afin d'y planter les siens ; qu'elle puisse juger de ses intentions. Il n'avait jamais réussi à la tromper, elle.

      - ...Tu m'as manqué.


    Il n'avait absolument pas prévu de dire ça, mais les mots étaient sortis sans attendre son aval. Et c'était la vérité : ces derniers mois pourtant, ils n'avait pas été particulièrement proches : elle restait essentiellement en compagnie de Habari ou Kifu, quant à lui, il passait l'essentiel de son temps seul ou à prendre soin de Yaani qui faiblissait de jour en jour. Pourtant, savoir qu'elle était là, quelque part dans les Galeries, et les brefs moments où ils se croisaient, se chamaillaient ou prenait quelques heures pour chasser et discuter ensemble, ces simples instants étaient plus importants pour Vuka qu'il ne l'avait lui-même soupçonné. Hamu le connaissait et il se sentait libre avec elle, sans crainte de jugement. Son amitié lui était réellement précieuse, et ces quelques mots : « Que fais-tu aussi loin du Désert ? » lui donnait le sentiment que quelque chose s'était brisé. Entre eux, en elle ?...

      - Tu m'as manqué, c'est vrai, et je me suis fait du souci pour toi. Je t'ai cherchée, dans le désert, mais j'ai fini par penser que tu étais partie ailleurs... Alors je suis allé te chercher dans cet ailleurs. J'ai besoin de réponses, aussi, de comprendre ce qui s'est passé ce jour-là : il faut que je l'entende de ta bouche. J'ai une confiance trop limitée en Kali pour le croire sur parole. Pour toi, peut-être est-ce déjà du passé, et c'est tant mieux en ce cas, mais j'ai besoin de savoir la vérité pour savoir comment agir. Malgré son débit trop rapide qui trahissait son émotion, la voix du lion aux iris océan demeurait ferme et claire. Dis-moi que tu vas bien, que tu as trouvé un équilibre ; réponds à mes questions, et si tu le souhaites ensuite je partirai sur le champ.


    Vuka était prêt à la quitter immédiatement si elle le lui demandais, prêt à ravaler sa curiosité sur la nouvelle vie qu'elle menait, prêt à partir tout en sachant pertinemment que c'était probablement la dernière fois qu'ils se verraient. Par respect pour elle, en souvenir de leur complicité. Mais avant, il devait savoir.

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Re: [C11] Crois-tu vraiment tout savoir ?

Message par Khiaja le Mer 4 Sep 2013 - 4:44


    Son rire nerveux exhiba sa déception. Oui, je l'avais déçu. Par mon accueil ou ces actes dont tous me pensaient coupable ? Qu'importe, le fait était là. Je n'étais pas insensible à cela, Vuka avait et était toujours un lion spécial pour moi mais la réalité m'avait endurcie, je ne pouvais plus prétendre être la même lionne qu'autrefois. Je devais garder cette distance entre nous, faire en sorte que tous mes efforts ne soient pas vains. A quoi m'être forger ce nouveau mental pour laisser tomber les barrières devant lui ? Finalement, nos regards se croisèrent. Des souvenirs m'envahirent mais je refusa d'y céder. C'était plus difficile que ce à quoi je m'étais attendue... Il faut dire que je ne m'étais pas préparée à rencontrer un ex-camarade dans ces contrées. D'une voix calme comme s'il venait de sortir une banalité, Vuka me confia que je lui avais manqué. Mes yeux s'agrandirent de stupeur. Entendre de tels mots de la bouche de Vuka n'était pas anodin, c'était le dernier à confier ouvertement ses sentiments.Touchée par ses mots, je baissa le regard de gêne, une expression de douleur marquant mes traits. Pourquoi me dire une telle chose, pourquoi après m'avoir regardée partir sans un mot ? Devant cet aveu inattendu, j'aurais aimé lui répondre que lui aussi me manquait, que le désert me manquait, qu'aussi fou que cela pouvait paraître ma famille me manquait... mais cela aurait signifier renoncer à mes nouveaux principes : faire preuve de faiblesse. Je ne pouvais me permettre ce genre de chose. Un sentiment que je n'avais pas ressenti depuis bien longtemps commençait à gagner mon cœur. La peur. La peur que mes retrouvailles avec Vuka brise mes barrières, qu'il me fasse regretter mes choix. Cela devenait trop dangereux, je devais balayer ces sentiments au plus vite. Redressant alors la tête j'afficha un regard indéchiffrable, un regard que même Vuka ne me connaissait pas. C'était cette lionne que j'étais désormais. Cette lion qu'ils m'avaient fait devenir.

    Contrairement à ce que j'aurais espéré, le mâle ne s'arrêta pas à ces mots. Une nouvelle fois, ils franchirent ses lèvres et l'espace d'un quart de seconde, cette douleur revint animée mes traits. Mais je la chassa aussi vite que je la sentis venir. Se faire du soucis pour moi, disait-il ? Quelle bonne blague. Qu'avait-il fait lors de l'annonce de mon exil ? Rien, absolument rien tout comme le reste du clan. Ils s'étaient tous tenus immobile, sans protestions à clamer cette haute trahison que j'avais sois disant commise. Mais ma colère soudaine fut balayée par les mots de Vuka. Ainsi il était parti à ma recherche ? Mes nerfs s'apaisèrent et je redevins calme, à l'écoute des mots du lion.Bien évidemment, il cherchait des réponses... Mon regard s'endurcit lorsque je l'entendis prétendre que cela était du passé pour moi. Avait-il la moindre idée du combat que je menais chaque jour pour survivre ici ? Du combat auquel m'avait condamné ces Empereurs du Désert ? Non, bien sur que non. Mais il devait comprendre que cela n'était en rien du passé pour moi. Non, c'était la raison de me lever chaque matin, de m'entraîner sans relâche. Je ne vivais plus que pour ma revanche.

    Son discours éveiller en moi une multitude de sentiments contrastés. Certaines paroles réveillées en moi la colère, la haine et le désir de vengeance tandis que d'autres m’apaisais, m'adoucissait et me rappelais même la lionne que je fus autrefois. Finalement, la mâle acheva sa tirade en exprimant son appréhension sur ma situation actuelle. Si je souhaitais qu'il parte ? Non bien sur que non mais je ne pouvais lui avouer à quelle point j'étais heureuse de le voir ni même lui faire comprendre. « Avant que je ne te dise quoi que ce soit, promets-moi une chose Vuka. Tu ne parleras à personne de notre rencontre. Laisse les penser que je suis morte si tel est le cas. Même ma famille. Personne ne dois savoir, tu m'entends ? Et que ce que je m'apprête à dire ne franchise jamais le seuil de tes lèvres. » répondis-je finalement afin de mettre les choses au clair. Si le clan venait à savoir que j'étais encore en vie, cela compromettrais mes plans à venir. Peut-être étais-je folle de passer un tel accord mais j'avais foi en Vuka malgré le fait qu'ils vivent parmi ces traîtres. Autrefois je lui faisais confiance, j'espérais ne pas me montrer en continuant sur cette voie.

    « Marchons. » déclarais-je doucement à l'égard du mâle. Je n'aimais guère rester immobile dans ces contrées. Bien que le danger n'était pas omniprésent, je me sentais plus à l'aise en mouvement. Et puis la marche avait tendance à faciliter les mots. D'un signe de tête, j'incita Vuka à me suivre dans ces confidences que je m’apprêtais à lui faire. Seulement, par où commencer ? Le fait d'avoir entendue Vuka exposer sa confiance limité en Kali me rassurer. Peut-être avait-il compris qu'il ne fallait pas se fier à ces vipères. « Ce jour-là... » commençais-je d'une voix peu affirmé sans parvenir à continuer. Ce jour-là... Que c'était-il passer au juste et par où commencer ? Peut-être par le commencement. D'une voix plus forte, je me décidais enfin à confier mon récit entre les pattes de Vuka :  « Ce fut en revenant de la montagne que je rencontra Sika. Ou devrais-je plutôt dire qu'elle me sauta dessus. J'ignore depuis combien de temps mais elle était là, tapis entre les dunes à m'attendre. Sûrement venait-elle d'apprendre pour ma liaison avec Kimpa. Quoiqu'il en soit, ce fut elle qui débuta les hostilités. Cela devait bien arrivé un jour ou l'autre, elle ne m'avait jamais portée dans son cœur, ce n'était un secret pour personne. Il est vrai que nous nous combatîmes dans le désert, mêlant notre sang au sable mais il y a une chose que tu dois savoir Vuka. Je n'ai pas tuée Sika. » Sur cette annonce, je planta mon regard vairon dans celui du mâle et arrêta la marche le temps de laisser Vuka s'imprégner des faits. J'ignorais combien de version il avait pu entendre mais il était temps pour lui d'entendre la vérité.

    Me croirait-il ? Je l'ignorais. Mais j'avais besoin de confier mon histoire à quelqu'un que j'espérais de confiance. Quelqu'un connaissant l'ancienne Hamu. Face au lion, je révéla ce qu'il s'était réellement passer dans les dunes ce jour-là. « Ce fût le Désert lui-même qui prit la vie à l'Impératrice. Les dunes s'ouvrirent sous nos pattes et Sika fût emportée par les sables mouvants. Avant qu'elle ne sombre, elle tenta de m'emporter dans sa chute me laissant ce souvenir que je ne suis pas prête d'oublier... » D'un coup d’œil, je lui désigna la longue cicatrice creusant une plaie partant de mon cou jusqu'à mon épaule. Plutôt original pour un cadeau d'adieu. « Suite à cela, j'ai continué mon chemin sans vraiment savoir où aller. C'est alors que je suis tombée sur Habari et sa nouvelle famille. Cette famille pour laquelle il m'a abandonné... Quoi qu'il en soit il me bannit pour trahison. » Je ne pus m'empêcher de marquer un temps d’arrêt. Je ne comprenais toujours pas... Pourquoi avoir fait un tel choix ? La couronne avait-elle plus de valeur à ses yeux que notre amour ? Au final je n'avais rien été de plus qu'une simple distraction, indigne d'être sa compagne, condamné à vivre notre amour dans l'ombre. Qu'avait-elle cette lionne pour pouvoir se montrer à la lumière en sa compagnie ? Qu'avait-elle de si exceptionnel, était-ce parce que Sika l'avait choisie ? Mais Habari n'était-il pas assez grand pour faire ses propres choix ? Il fallait croire que non. Toujours ses parents lui avaient dicter sa vie. Lui qui voulait prendre son autonomie, il avait échouer. Jusqu'à leur mort, Kali et Sika poussèrent Habari dans le chemin qu'ils lui avaient choisi.

    Lâchant un bref soupir, je repris ma marche et en vint à termine mon récit. « Après avoir quitté l'Oasis, la découverte du cadavre de Sika se répandit. Un témoin de la scène jura m'avoir vu m'en prendre par surprise à l'Impératrice et la précipité dans les sables mouvants ce qui bien évidemment était faux. Mais qu'était devenue ma parole contre la sienne ? Un Uhuru vint cependant à ma rencontre malgré mon exil qui venait d'être déclaré. Il m'apprit la mort d'une lionne, une lionne morte parce qu'elle avait eu la malchance d'être mon amie. Une lionne qu'il avait tuée par pur plaisir de me voir payer mes crimes commis. Souhaitant vérifier par moi-même ses dires, je me suis rendue jusque dans la Savane pour découvrir le corps de Saan'a. Mais c'était sans compter sur les gardes de Pridelander qui m'aperçurent et me prirent pour l'assassin. » Il m'était impossible de laver mon honneur et je n'avais nullement envie de le faire. J'étais en partie liée à la mort de la lionne. Si cette dernière ne s'était pas rendue dans le désert pour me retrouver, elle n'aurait pas trouvé la mort. Si je ne m'étais pas attachée à cette lionne, elle ne serait pas morte. « Hopeland me recherche pour avoir profané leur lieutenant, les Pridelanders pour le meurtre d'une des leurs et enfin vous les Uhurus, pour trahison et meurtre d'une Impératrice. Où que j'aille on souhaite ma mort. Ce lieu est le seul endroit où l'on ne me traite pas comme une fugitive. Ici peu importe mon passé ou mes actes commis, je n'ai pas à être jugée. »

    Continuant de marcher, je gardais mon regard rivé vers l'horizon. Qu'en penserait Vuka, me croirait-il ? Au moins j'aurais essayé de lui faire comprendre la vérité. Levant finalement un regard vers Vuka je m'accorda enfin à lui offrir un sourire, ne serait-ce qu'un en souvenir de cette époque. « Quant à cette équilibre que tu me souhaites, je ne l'ai malheureusement pas trouvé. Néanmoins j'ai quelqu'un pour veiller sur moi et comme tu peux le voir, j'ai survécu à la vie en solitaire. Je me fais davantage de soucis pour toi. Ce clan est truffé de menteur et de lion malhonnête. Prends garde à ceux en qui tu places ta confiance. Ce sont parfois ceux que tu pensais être tes amis qui te trahissent  le mieux. » La confiance, qu'était-ce au juste oui, comment accordé sa confiance après avoir été trahi ? Malgré ses belles paroles, Kimpa m'avait abandonné à mon sort. J'ai beau eu l'attendre, il n'est jamais venu me retrouver. Sans doute pensait-il avoir plus de chance seul. De même qu'Habari qui à notre amour avait préféré le pouvoir. Saan'a elle aussi m'avait trahie en me laissant les pattes souillées de son sang. Ma famille m'avait abandonné. Tous m'avaient abandonnés. Je n'avais plus qu'Hekima et mon désir de vengeance. Qu'en était-il de Vuka ? Levant un regard sur lui, je chercha son regard du mien. Me croirait-il ? Ou choisirait-il de croire ces vipères qui se proclamer Empereur et Impératrice du Désert ?

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